Pollution : Les populations doivent-elles craindre le pire ?

L’affaire ‘’Pollution de la communauté portuaire’’ pour laquelle Cim Ivoire a été indexée par les riverains et qui lui a permis d’être dédouanée après des journées portes ouvertes, va-t-elle faire ouvrir les yeux des autorités commises pour œuvrer au bon vivre des populations vivant en Côte d’Ivoire ? Une probabilité somme toute qui s’avère nécessaire pour la vie de millions d’habitants. Remettre à flot un pays qui revient de loin passe par des méthodes cartésiennes.

Après le Probo Koala… ?

Le problème de pollution en Côte d’Ivoire doit interpeller tout le monde. On se rappelle encore la perméabilité du Port d’Abidjan et la complaisance de certaines autorités qui ont permis de déverser des tonnes de déchets toxiques dans plusieurs endroits du périmètre d’Abidjan. On a encore en mémoire, l’intoxication suivie de maladies, que ce bateau (Probo Koala) a occasionnée dans le quotidien des Abidjanais. Les effets de ce grand scandale environnemental qu’a connu le pays, peuvent durer de nombreuses années. Cette erreur ne doit en aucun cas se répéter. Les déchets de ce bateau sont à tout point de vue la partie visible de l’iceberg de laboratoires de pollution, qui peuplent notre quotidien. Il y en a d’autres, qui par manque de contrôle par nos dirigeants, se la coulent douce. La plus visible est une entreprise de fabrication de béton, située vis-à-vis du Parc national du Banco (Abidjan). Cette entreprise au vu et au su de tous ceux qui empruntent l’autoroute du Nord, émet d’énormes nuages de poussière. Ce qui est étonnant, c’est que pratiquement tous les décideurs de ce pays passent par cette voie, pour aller soit chez eux ou vers d’autres destinations, mais aucun d’eux ne prend la décision d’agir pour le bien des communautés. Les populations ne doivent pas sur le plan communication, être dans une bulle, qui les endort et ne leur permet pas de se rendre compte des dangers qu’elles courent. La première alerte (le cas pollution de la communauté portuaire) qui a été donnée par deux cyberactivistes, doit dans les principes, être faite par des agents de l’environnement commis à la tâche. Le schéma qui se prête à nous, est que cela n’a pas été le cas. Par devers tout, de nombreux constats nous interpellent sur les risques que courent les populations de la plus grande ville de Côte d’Ivoire. Jusqu’à ce jour, les populations attendent que les enquêtes les renseignent sur l’origine de la poussière dite toxique qui flotte dans l’air, et qui est source d’inquiétude pour les communautés du port. Ce problème vient à point nommé pour attirer l’attention dess autorités ivoiriennes.

Le long chemin sur les objectifs du développement durable

La nouvelle donne prônée par l’Organisation des Nations unies (Onu) est : « Les Objectifs du Développement durable (Odd) ». A longueur de journée, les spécialistes ivoiriens en parlent. Ce leitmotiv pour une nouvelle vision pour l’humanité a du chemin à faire pour la partie ivoirienne. Pour s’arrimer à cette vision des Nations Unies, il faut avoir un nouveau comportement. Et cette manière de voir est quasiment absente du programme de l’Ivoirien lambda. Côtoyer la plupart des petites installations mécaniques de quartier et la première image perçue, est la couleur du sol et des vêtements des mécaniciens. Pour ces techniciens de véhicules, l’huile de vidange ne doit pas aller vers la destination conforme, c’est-à-dire vers des unités chargées de son stockage. Elle doit être versée sur le sol sans tenir compte du danger qu’elle représente pour l’environnement et les populations. L’air à Abidjan va devenir irrespirable, si rien n’est fait. Dans la lagune Ebrié, c’est un scénario apocalyptique qu’observe. Des usines y déversent en toute impunité leurs eaux et substances usées. Les responsables de ces entreprises font fi des conséquences sur l’homme, la nature et les éléments aquatiques. Face à tout ce qui se raconte sur l’insalubrité dans la capitale économique ivoirienne, un média français y est venu et a fait des relevés d’air. Il s’est avéré que trois communes (Abobo, Adjamé et le Plateau), sont très polluées à cause du flux important des véhicules. Si l’air du Plateau, centre des affaires est pollué, cela peut se comprendre par le nombre impressionnant de voitures qui y circulent chaque jour. Abobo et Adjamé sont certes des communes très passantes pour les véhicules, mais force est de reconnaître que la majorité de ceux qui circulent dans ces secteurs ont de l’âge et sont mal entretenus. Ils sont par conséquent de grosses usines de production de gaz carbonique (CO2). Ce qui veut dire que les substances émises dans l’air renferment beaucoup de toxicité. Il faut ajouter à cela, des feux allumés n’importe où et comment. Il est fréquent de constater sur le circuit Adjamé-Yopougon, que des personnes brûlent des pneus, on ne sait dans quel but. Le problème est que la fumée produite par ce brûlis est répandue dans l’air et a un impact négatif sur la respiration et la peau. A côté de ces émetteurs d’éléments toxiques, il faut souligner le déversement des déchets des fosses sceptiques dans la nature. Abobo détient la palme d’or de ce principe. Des petites entreprises de vidange fleurissent dans cette commune. Certaines personnes ont recours à elles, parce qu’elles font le travail à petits frais. Le hic, c’est que ces vidangeurs déversent ces résidus dans la rue. Ce sale procédé influe négativement sur la santé des résidents, sans que les services municipaux en charge de l’hygiène ne bronchent.  

Dangers de la cohabitation, zones industrielles et habitations

Le respect de l’environnement doit être pris très au sérieux par les autorités ivoiriennes. Ce n’est pas parce qu’on doit développer économiquement le pays, que des détails importants doivent nous échapper. On n’a pas besoin d’être un grand spécialiste pour comprendre que la cohabitation, zones industrielles et résidences est mauvaise. En effet, la quasi-totalité des usines en Côte d’Ivoire rejettent dans l’atmosphère des éléments toxiques. Ceux-ci se répandent naturellement dans l’air. Ils ne sont pas pour autant sans danger. Les zones industrielles et leurs alentours sont envahis par des substances toxiques, qui représentent d’énormes dangers pour les riverains. Dans les normes, les habitations doivent être éloignées des usines. Ce qui n’est pas le cas à Abidjan. Le cas flagrant est la Cité Ado sur l’axe Abobo-Yopougon. Que deviendront sur le long terme les habitants de ces maisons ? Est-ce parce qu’on appelle ces habitations ‘’logements sociaux’’, que leurs occupants ne doivent pas être dans des conditions sécuritaires normales. Sur ce dossier, Koumassi est sur la même longueur d’onde que les cités précitées. Autour de la zone industrielle de cette commune, sont construits des logements. Certains diraient que c’est normal, parce que la plupart des ouvriers n’ont pas les moyens financiers pour habiter loin de leur lieu de travail. Le mal qui leur est fait, est que constamment, ils sont assujettis aux éléments toxiques résiduels dans la zone.

Le gouvernement ivoirien doit sévir

La Côte d’Ivoire est championne dans le laisser-aller. Ce qui peut engendrer des problèmes dans le futur. C’est pourquoi, tous les gouvernements ivoiriens qui se sont succédé, pour colmater les brèches empêchant le mauvais fonctionnement de la société, ont créé des directions dans les différents ministères. En ce qui concerne la pollution, le ministère de l’Environnement et du Développement durable a mis en place des structures, tels que  l’Agence nationale de l’Environnement (Ande), le Centre ivoirien antipollution (Ciapol)… Dans les normes, ces structures doivent être aux premières loges des problèmes environnementaux. La principale question est de savoir, si elles ont les moyens requis pour pouvoir mener à bien leur mission. La poussière de ciment qui flotte dans l’air au port, doit nous interpeller sur le danger qui nous guette. Combien de structures adoptent le principe de la Responsabilité sociétale des entreprises (Rse) dans leur plan d’actions ? Une question qui pourrait susciter des inquiétudes chez les populations. L’Etat doit faire un grand toilettage des entreprises, pour savoir qui est ou pas aux normes environnementales. Il n’est jamais tard pour bien faire. Ainsi, si les contrôles sérieux sont faits, tout le monde en bénéficiera. Les populations seront en bonne santé, les entreprises seront compétitives et verront leurs chiffres d’affaires prendre de l’ascenseur. Quant à l’Etat, il aura gagné le pari de la bonne avancée sur le chemin des Objectifs du Développement durable pour la destination 2030.

Clément Koffi

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