Le Festival Wôyô va en guerre contre la migration irrégulière

Le Festival Wôyô va en guerre contre la migration irrégulière
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Le Festival Wôyô s’est tenu les 22 et 23 mai 2021 dans la commune d’Abobo, au quartier ‘’2ème arrêt’’, avec un programme alliant le social au culturel, et un thème d’actualité : la lutte contre la migration irrégulière.

Un nouveau festival a fait son entrée en ce mois de mai 2021, dans le cercle des activités culturelles en Côte d’Ivoire : le Festival Wôyô. Initiative d’un natif du quartier ‘’2ème arrêt’’, situé dans la commune d’Abobo. Ce festival a la particularité d’allier à la fois les domaines culturel et social. Pour cette première édition, le thème fort alléchant avait un lien avec l’actualité permanente en Côte d’Ivoire et dans le monde, à savoir la migration : « Esprit wôyô, vecteur de lutte contre la migration irrégulière »

Sortir le quartier de la léthargie

En choisissant de prôner la lutte contre la migration irrégulière, l’initiateur du festival, Dexter Coulibaly Fondio, a voulu apporter sa pierre à l’édifice de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire en général et dans la commune d’Abobo en particulier. Pour cela, il a associé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) à ce rendez-vous culturel et social qui a réuni les chanteurs en herbe du Zouglou et les chanteurs confirmés (Meilleur desZouglou et Awinato) de ce rythme musical très populaire et très prisé en Côte d’Ivoire.

Ce festival qui se veut une plateforme du Wôyô (diminutif du Zouglou), a pour « objectif d’accueillir les musiciens amateurs et de les mettre en émulation », a confié son promoteur. Ainsi le public a pu découvrir les futures stars et éventuellement des potentiels producteurs ont fait connaissance avec leurs probables poulains de demain, ou encore noué des contrats de partenariat. Coulibaly Fondio a donné comme mobile de son initiative le fait de « sortir le quartier de la léthargie dans lequel il vit ; parce qu’à part les funérailles, aucun événement d’envergure ne s’y déroule » Le thème du festival a permis de sensibiliser, d’éduquer, d’informer, de former et d’instruire les populations du quartier sur les dangers et les pièges de la migration irrégulière. Ce fléau qui endeuille de nombreuses familles dans le pays. Les groupes présents, notamment La main de Dieu et Africa Premier, ont tenu en haleine le public venu nombreux pour la circonstance.

Au niveau des allocutions, Zoé Alangba, assistante projet à l’OIM, qui représentait la cheffe de mission (Marina Shramin), a trouvé des mots justes pour expliquer à l’assistance que l’institution pour laquelle elle travaille « n’était pas contre la migration, mais combattait plutôt la migration irrégulière » A sa suite, Koné Mamadou (cadre à la CAIDP), représentant le parrain – le DG de la DGIE – y est allé de son message de sensibilisation contre la migration irrégulière, à l’endroit de la jeunesse. Il s’est appuyé sur son exemple pour parler de cœur à cœur avec lepublic. En effet, il a été migrant en Europe et il a décidé de rentrer en Côte d’Ivoire pour servir son pays. Il a exhorté « les jeunes à travailler afin de pouvoir avancer sur le plan social » Et pour cause, seul le travail garantit une dignité à un homme.

Volontaires du projet MaM à l’œuvre avec succès

Les cinq volontaires du projet ‘’Migrants as Messengers’’ (Migrants comme Messagers) à savoir Maï, Hortense, Angèle, Boniface et Arouna n’ont ménagé aucun effort pour œuvrer dans la sensibilisation des populations du quartier ‘’2ème arrêt’’. Fort heureusement leurs messages ont séduit et conquis l’assistance dont quelques membres ont décidé d’être leur relais dans leurs familles respectives et au-delà. 

En définitive, le programme de la première édition de ce festival s’est déroulé autour des messages de sensibilisation, des chants, de la projection des films sur la migration irrégulière, des témoignages et des échanges, et d’un match de foot entre les vétérans du quartier. Parce qu’on ne peut pas trouver élément plus fédérateur et plus expressif de la cohésion sociale que le sport-roi.

Au final après deux jours d’intenses activités, les festivaliers ont bouclé ce rendez-vous socio-culturel, tout en prenant date pour la deuxième édition qui aura lieu l’année prochaine, pour le grand bonheur des habitants du quartier.

Serge Hengoup

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