Douanes/Détournements /Comment la fraude fait perdre des milliards à l’Etat

Douanes/Détournements /Comment la fraude fait perdre des milliards à  l’Etat
79 Vues

-Tout sur le mode opératoire

La crise qui oppose le SDDD-CI à la direction générale des douanes est loin de connaître son épilogue. Dans un courrier du syndicat sus-mentionné dont nous avons reçu copie, hier, le secrétaire général, Deli Hisson Michel dénonce la fraude à grande échelle organisée aux frontières ivoiriennes qui fait  perdre des milliards de FCFA à  l’Etat de Côte d’Ivoire.

« Après sa nomination,  le Directeur général  m’a fait appel et m’a proposé 100 millions de FCFA pour abandonner toutes nos revendications. J’ai refusé son offre et lui ai demandé de contacter désormais, le Commandant  Bahi  Antoine pour pouvoir me joindre. Pour me museler,  il a décidé de confisquer les avoirs de mon syndicat.  Il a demandé au colonel Kahonou Célestin de venir en personne récupérer les avoirs de mon syndicat. J’ai refusé cela également. Il a également demandé au colonel Bakoumba  de  me convaincre afin que je compose avec lui.  Ce que j’ai refusé », informe le secrétaire général du SDDD-CI. Qui révèle également  qu’en dépit des  différentes rencontres,  le DG des Douanes  n’a jamais accepté de payer ce qui revenait à  au  syndicat. « Après avoir saisi la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance et l’Inspection Générale d’État des détournements de notre DG, il a décidé de nous affecter  loin d’Abidjan (Prollo) pour m’empêcher de revendiquer pour les douaniers. Après ma prise de service à Prollo, j’ai informé  l’administration de mes activités à Abidjan où se trouve mon siège. C’est après une réunion avec l’inspecteur général des Douanes que ce dernier m’a tendu une demande d’explication pour abandon de poste. Il est bien de noter que dans la nuit du 08 au 09 mars 2020,  la cité des Douanes de Prollo a été attaquée à l’arme lourde. Mon logement a été criblé de balles. Aucune autorité douanière n’est venue à Prollo pour nous réconforter », souligne-t-il. Avant de préciser  qu’aussi curieux que cela puisse paraître: «  après avoir répondu à la demande d’explication  du colonel Eliamon Noël, depuis plus d’un an, je n’ai jamais été convoqué par le conseil de discipline de la douane comme le veut la procédure. A la surprise générale, mon bureau syndical a été vandalisé et les documents jetés à la rue en mon absence. Grâce au soutien à l’ex-secrétaire général du Syconadci aujourd’hui secrétaire d’État, Serey Doh, le DG a réussi à corrompre le colonel Naounou pour annuler  l’assemblée générale  prévue le 23 décembre 2020 à la surprise générale. Déboussolés, nous avons pris attache avec un conseil pour porter plainte contre notre directeur général, le PCA Dohia Mamadou et autres. Après les auditions en avril-mai 2021, le DG a confié  à ses proches que cette action sera sans effet parce qu’ayant  les moyens de corrompre tout le monde. Avec la nomination d’un ministre pour la promotion de la bonne gouvernance, les douaniers ont espéré être au bout de leur peine. Que nenni ! »,  déplore-t-il.

Des prélèvements anarchiques et injustifiés sur les T.S

« Chaque mois,  le Directeur des Moyens Généraux des Douanes prélève sur instructions du DG, 4.000.000 CFA pour le loyer du centre de santé , 25.000.000 F CFA pour les frais de fonctionnement de notre mutuelle (Mudci),  27.000.000 FCFA pour l’appui de la direction générale des douanes à notre mutuelle (Mudci), 21.000.000 FCFA pour le fonds de solidarité de notre mutuelle soit  environ 77 millions de F CFA de faux frais détournés depuis mai 2017 », dénonce Deli Hisson Michel . Qui précise : « les dépenses autorisées sur le TS sont, l’Ocod, l’assurance Maladie et la contribution aux syndicats. Le fonds de solidarité a reçu plus 1,2 milliard de F CFA alors même que  la cellule sociale n’est pas capable de répondre aux demandes de prêt des douaniers de moins de 100 millions de FCFA dans les meilleurs délais. Si la Direction Générale des Douanes doit appuyer la mutuelle,  c’est à partir de son propre budget annuel et non  de notre TS qui est le fruit du travail de tous les douaniers .Les 27.000.000 FCFA sont de faux frais pour spolier les douaniers. Le loyer de 4000.000 FCFA est pris sur le budget de la direction générale des douanes selon l’ex DMG colonel Pale Olo .Comment prélever  encore 4000.000 FCFA sur notre TS au détriment des douaniers. Les 25.000.000 FCFA de frais de fonctionnement de la mutuelle  ne  sont pas justifiés. En effet, ce sont 10 à 20% de nos cotisations annuelles qui sont prévus pour les frais de gestion depuis la  Sonarci  jusqu’à Grasavoye. Au lieu de retirer cette somme de notre capital, il crée de faux frais au détriment des agents », rappelle le leader syndical.

La Fraude à grande  au poste de  Noé

 « Le directeur général a pris une note en juin 2021 pour demander aux opérateurs économiques d’effectuer leurs dédouanement à Noé en tenant compte des valeurs transactionnelles.  Comment comprendre qu’un opérateur économique installé à Abidjan puisse faire  transiter  ses marchandises  par le  Togo, le  Ghana ou Lomé et les faire entrer en Côte d’Ivoire  en passant par le bureau des douanes de Noé ? C’est simple car en passant par Noé,  il minore les droits et taxes à payer à la douane. La taxation est fantaisiste parce que  les marchandises contenues dans les camions sont taxées sans être dénombrées et laissées  à l’appréciation du chef de bureau qui se réfère au directeur général  avant d’appliquer ces mesures favorisant la fraude douanière. Non seulement, le port autonome d’Abidjan perd des tonnages importants de marchandises mais la  douane recouvre moins de la moitié des droits et taxes éventuels sur ces marchandises. Le gouvernement peut se rendre compte de cette vaste fraude en demandant aux ports et douanes du Ghana,  du Togo et du Bénin de nous fournir les débarquements des marchandises appartenant à des opérateurs installés en Côte d’Ivoire qui transitent dans leurs pays avant de rentrer en  Côte d’Ivoire  par voie terrestre (bureau de Noé). Pour résumer, la fraude douanière à Noé, au Port autonome d’Abidjan en complicité avec notre directeur général  sans oublier, les chefs de service à Noé font perdre des centaines de milliards de F CFA chaque année à notre pays », mentionne-t-il.

D’ailleurs, Deli Hisson Michel  précise queconcernant les 2,8 milliards  FCFA épargnés à BNI GESTION, les dirigeants de cette société ont reconnu que l’adhésion était libre mais à la douane, le PCA  et le directeur général  l’ont rendue obligatoire. « Auditer les sociétés d’État sans auditer les  douanes ivoiriennes, c’est comme faire traverser la route à un borgne et laisser l’aveugle seul au bord de la route », a-t-il conclu.

Bloffouê Bâ

Eugene KANGA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *