Anyama/Blocage de l’exportation de la Cola/Les acteurs exigent la dissolution du Conseil d’administration de Intercola

Anyama/Blocage de l’exportation de la Cola/Les acteurs exigent la dissolution du Conseil d’administration de Intercola
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La paralysie des activités de la filière Cola inquiète le maire d’Anyama, Amidou Sylla. Pour ce faire, il a réuni les acteurs de ce secteur, hier, à la salle de mariage de ladite commune, pour s’enquérir de la situation. Au terme des échanges, il a  apporté son soutien aux acteurs de la filière qui exigent la dissolution du conseil d’administration de Intercola.

Depuis plus d’une dizaine de jours, les exportations de la noix de  cola sont bloquées en Côte d’Ivoire. Cette situation est la résultante de nombreux problèmes liés à la faîtière. Cette situation  divise les acteurs et l’interprofession (intercola). En vue d’apporter des solutions, Amidou Sylla, le maire d’Anyama, la commune qui produit la majorité de la noix de cola en Côte d’Ivoire, a invité les acteurs d’Abengourou, d’Agboville, d’Anyama, de Bondoukou, de Man et de San Pedro pour échanger. Magloire Konan, porte-parole des délégations venues des différentes  villes productives a fait le point de la situation. Selon lui, plusieurs  raisons  sont à la base de la colère des acteurs de la filière. La première qui concerne les  exportateurs, est le prélèvement de 1 000 francs CFA sur chaque panier de cola qui doit sortir de la Côte d’Ivoire. Soit, 20 francs CFA par kilogramme, qui sont reversés à deux organisations, à savoir le Firca et l’interprofession (intercola). « Pour un camion de 1 000 paniers de cola, il faut reverser 1 000 000 de francs CFA au Firca et à Intercola, tandis que l’Etat de Côte d’Ivoire reçoit seulement 510 000 francs CFA. Où allons-nous ? », s’interroge-t-il. Révélant que les responsables de Intercola qui se sont convertis en exportateurs ne subissent pas cette taxe pour les camions qu’ils affrètent pour transporter leurs marchandises. Les acteurs ne comprennent pas pourquoi Intercola peut prélever de l’argent plus que l’Etat. Aussi, ils n’admettent pas de voir à la tête de cette organisation,  des personnes qui ne sont pas de la filière. En outre, ils dénoncent le fait qu’ils ne soient pas associés à la prise de décision concernant ce prélèvement.  Aussi, a-t-il précisé que la pomme de discorde est la taxe de 30 000 francs qui a été instituée par Intercola, pour chaque camion chargé qui sort de la Côte d’Ivoire. Poursuivant, les acteurs de la filière cola pensent que les ministères de l’Economie et des Finances, d’Etat, de l’Agriculture et du développement rural et du Budget et du portefeuille de l’Etat ont été induits en erreur par ceux-là même qui refusent de mettre à la disposition des adhérents et des coopératives les statuts et règlements intérieurs de la filière. Toute chose qui a conduit à la prise de  l’arrêté n°791/Meminader/Mmef/Mbpe du 08 septembre 2021, fixant l’assiette et les niveaux de la taxe à l’exportation et des cotisations professionnelles perçues sur la filière cola au titre de l’année 2021. Qui dit à son article 6 : Les montants des cotisations sont payés auprès des services de la Direction des Impôts par chèque à l’ordre du Firca. « Ils font de ces documents leur chasse gardée. Nous avons découvert qu’ils ont tripatouillé les textes en violation de la loi Ohada. Il est dit que lorsque vous devez apporter des amendements aux statuts et règlements intérieurs qui ont été validés à une assemblée générale constitutive, il faut organiser une assemblée générale extraordinaire, pour apporter des amendements. Ce qui n’a pas été fait », dénonce Magloire Konan. A la fin de son exposé, le porte-parole des acteurs de cola a plaidé pour que le maire d’Anyama trouve une solution aux différents problèmes. Vu qu’Anyama est le grenier de  la noix de cola. 80% de son économie provient  de la noix  cola. Aussi au niveau du marché de gros de Bouaké, la noix de la noix  de cola représente 80% des recettes. Du coup, si cette organisation est sinistrée, les opérateurs seront obligés d’aller en Guinée, au  Mali  ou vers  d’autres pays qui produisent de la noix de  cola. Ce qui sera une grande perte pour l’Etat ivoirien.

Amidou Sylla apporte son soutien aux acteurs de la filière

A sa prise de parole, le maire d’Anyama a félicité les acteurs de la noix de  cola de l’avoir sollicité et écouté« Nous avons reçu près de 2 000  personnes aujourd’hui. Et unanimement, elles sont s’accord pour la suspension de l’arrêté ministériel. En ce qui nous concerne, nous ne reconnaissons ni de près ni de loin Intercola. Nous demandons à l’Etat de Côte d’Ivoire de dissoudre le Conseil d’administration de Intercola. Les acteurs de la noix de  cola vont s’organiser pour mettre en place un Conseil d’administration pour gérer leur filière », a-t-il préconisé.  « Comment comprendre que tous les propriétaires de magasins de cola paient leurs impôts et patentes et qu’on vienne leur fixer une taxe qui ne rentre pas dans les caisses de l’Etat ? Je dis non, je ne peux accepter cela », a-t-il renchéri. Amidou Sylla a lancé un appel  au Premier ministre, afin  qu’il intervienne pour qu’Anyama sorte de cette situation. « Quand la cola ne marche pas, rien ne marche à Anyama », a-t-il conclu.

Clément Koffi

Eugene KANGA

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