Tunisie-Ticad 9/Patrick Achi : « L’Afrique doit forger son propre modèle de croissance »

Tunisie-Ticad 9/Patrick Achi : « L’Afrique doit forger son propre modèle de croissance »
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Plus de 66 délégations officielles présentes

La huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 8), s’est tenue le week end dernier , à Tunis en présence du Premier ministre qui représentait le Chef de l’Etat. Patrick Achi a  au nom du président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara  adressé un message aux plus de 5 000 participants venus du monde entier. Il a appelé, lors de la cérémonie d’ouverture à la salle des congrès de Tunis, les Africains à saisir les crises mondiales actuelles en occasion de transformer leur modèle économique. Organisée sous les auspices du gouvernement japonais et avec la collaboration des Nations unies, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de l’Union africaine et de la Banque mondiale, la Ticad  est à sa huitième édition. Et la deuxième qui se tient en terre africaine après le Kenya en 2016. Le Premier ministre ivoirien a tenu un discours court et très apprécié par un auditoire composé de sommités dont le Président de la République de Tunisie, Kais Saïed, du sénégalais Macky Sall, Président de l’Union africaine et de 20 autres chefs d’État et de gouvernement africains. Ainsi que du Premier ministre japonais, Fumio Kishida qui a suivi la cérémonie d’ouverture via visioconférence. Le Chef du gouvernement japonais testé positif au Covid 19,  n’a pu effectuer le déplacement à Tunis. A cette occasion, Patrick Achi s’est appuyé sur le thème de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique « Vers une Afrique résiliente, inclusive et prospère », pour évoquer le devenir du continent. Le Premier ministre ivoirien,  passionné du développement a constaté que « notre monde affronte des tempêtes qui interrogent sa croissance, son interdépendance et cette solidarité apaisée entre les grands blocs, qui seule permet un développement humain toujours plus grand ». Avec ce paramètre, le Chef du gouvernement d’Alassane Ouattara, père du programme ‘’Une Cote d’Ivoire solidaire’’ a exposé, l’approche ivoirienne du développement. Une approche qui tire sa source à l’analyse des difficultés actuelles. Les contingences actuelles du continent, ce sont les conséquences de la COVID-19 et celles de la guerre en Ukraine. « Face à ces crises, amplifiées par le défi du changement climatique, notre continent doit réagir et se transformer. Pour atteindre cet objectif, Mesdames et Messieurs, il ne faut pas sous-estimer l’exigence de notre situation actuelle. Notre dynamique de croissance, amorcée depuis un quart de siècle a été brusquement ralentie par la pandémie »,  a soutenu Patrick Achi. Qui a expliqué aussi que la reprise puissante amorcée en 2021, a été éprouvée par « l’effet cumulatif de l’inflation mondiale et des conséquences du conflit ukrainien, accentuant les exigences sociales et budgétaires pour les économies africaines, ralentissant les efforts menés pour réduire la pauvreté et accélérer l’emploi de notre jeunesse. » Et ce malgré les réactions vigoureuses apportées par les États et soutenues par les Institutions internationales et régionales. Tant d’effort anéanti par un conflit aussi lointain du continent comme la crise ukrainienne, doit interpeller. « L’Afrique souffre encore de sa trop grande dépendance aux flux commerciaux et financiers mondiaux, qui font peser sur son développement une lourde incertitude», a soutenu le chef du gouvernement ivoirien. Pour Patrick Achi, il y a nécessité de réagir. « Face à ces crises, il est temps de transformer notre modèle !  Il esttemps, insistera-t-il pour « l’Afrique de forger son propre modèle de croissance, de gagner en souveraineté à tous les niveaux, de l’indépendance alimentaire à la gestion de sa sécurité, en passant par l’accélération de son industrie. »A la tribune de la Ticad 8, au nom du Président Alassane Ouattara, Patrick Achi a passé des messages poignants pour l’Afrique « Une Afrique qui aura la capacité de créer les emplois nombreux et les services publics solides que sa démographie exigera. Une Afrique qui pourra garantir à ses citoyens des progrès humains durables, facteur de vie meilleure pour nous, facteur de stabilité pour tous. Nous réussirons ce défi si nous savons mener la transformation structurelle de nos économies », a conseillé Ptric Achi.La ZLECAF, la Zone de libre  échange continentale africaine est pour le Chef du gouvernement ivoirien, une aubaine. Surtout qu’elle offre aux entreprises africaines une grande possibilité d’expansion. « Avec un secteur privé dynamique, l’Afrique brillera ». Il a insisté sur cette approche mise en pratique en Côte d’Ivoire. « En mettant au cœur de notre action le développement accéléré du secteur privé, soutenu et orienté par des États ayant fait la révolution de leur gouvernance, toujours plus transparente, comme celle de leur efficacité administrative, toujours plus digitalisée. » Par ailleurs, le Premier ministre d’Alassane Ouattara souhaite que l’Afrique se construise en s’ouvrant. « Pour faire grandir nos entreprises, nous aurons aussi besoin de l’appui de nos partenaires, ceux qui aiment et connaissent déjà l’Afrique, et tous ceux qui demain voudront participer à sa révolution de progrès » .Le choix de ce modèle économique doit conduire à une souveraineté de l’Afrique dans les secteurs les plus importants. Comme l’a aussi dit le Président tunisien, Kais Saïed, qui accueille la Ticad 8.  « Une nouvelle approche de développement en Afrique basée sur la justice sociale et les droits de l’homme s’impose aujourd’hui ». Macky Sall, Président du Sénégal et Président en exercice de l’Union africaine, a aussi abondé dans le sens de la souveraineté africaine. Plus de 66 délégations officielles représentant 48 pays (ministres des affaires étrangères, de l’Économie et du Commerce, corps diplomatique…) ont assisté à cette huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique. En plus des organisations régionales et internationales.Elle avait pour objectif d’identifier les moyens d’arriver à la résilience, l’inclusion et l’abondance en Afrique, dans un contexte de crise marqué par l’épidémie mondiale du nouveau coronavirus, le réchauffement climatique et la situation en Ukraine.

Eugène Kanga B

Eugene KANGA

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